Vallauris poterie

Le pour et le contre, mais toujours la création.
Chez les potiers traditionnels, l’imagination la plus débridée est au pouvoir. Il faut inventer pour séduire les touristes de plus en plus nombreux et produire toujours plus pour avoir des prix compatibles avec ce flot de « congés payés ». La découverte de nouveaux émaux chimiques permet d’obtenir des teintes vives, vert pomme, rouge sang, jaune citron. Vallauris se colore. On trouve alors, en vagues successives : le bicolore, un côté noir un côté de couleur vive ; les étonnantes veilleuses, au corps éven-tré, réceptacle d’algues et de poissons censés voguer dans les fonds sous-marins. Poissons, caravelles, amphores, coquillages, moules ou même bûche accueillant une crèche, témoignent de cette nouvelle forme d’art populaire ! On trouve ensuite les émaux « Vésuve », dont la surface bullée, craquelée, évoque le bouillonnement de la lave, puis les céramiques tachistes qui perdurent jusque dans les années quatre-vingt. Toute cette production de masse s’offre aux étalages et, d’une boutique à l’autre, le chaland ne fait pas vraiment la différence. Car tout le monde copie tout le monde et il suffit qu’un artisan sorte un modèle pour que le voisin fasse rapidement la même chose. Dans les années cinquante, les céramiques fleuries de Monaco (au moins trois ateliers en produisent : Cérart, Cerdazur et Azureart) connaissent un certain succès et Vallauris se met à son tour au « graffité » (déformation du terme savant « sgrafitto »). Le décor floral est gravé dans la terre, puis rehaussé de couleurs. Certains ateliers s’y illustrent, Lamarchc produit d’exceptionnelles soupières, d’autres innovent, Ribero invente les fonds martelés, une clef servant à tapoter la terre. Toutes ces œuvres, produites à des milliers d’exemplaires, s’opposent à celles des potiers travaillant en séries plus limitées (quoi que Capron ou Picault aient dirigé de véritables ateliers !). Les amateurs d’aujourd’hui ne les regardent pas de la même manière : il y a ceux sensibles à la créativité de ces années-là et les autres, plus ou moins amateurs de kitsch, peut-être nostalgiques de la frénésie sans borne qui animait la Côte d’Azur et ses potiers.

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