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Artistes très originaux

Nom voulions une galerie où l’on rentre avec le sourire et où l’on ressort toujours avec le sourire », s’exclament Mercedes Obadia et Marc Nicolas. Pour cela, il leur fallait des artistes très originaux, avec le sens de l’humour, et que l’on ne voit nulle part ailleurs en France. Ils vont chercher ces talents tous les mois en Espagne, en Catalogne, là où le soleil chauffe cette terre colorée qu’ils affectionnent, Avec Evelyne Almayrac et Carlos Tobio, ils sont gâtés. Ces céramistes inséparables ne manquent ni d’humour, ni d’émotion et font en terre « réfractaire ». de l’art utile comme des range-CD, des lampes, des halogènes, des tables, des porte-parapluies. « Nos créations sont en grès naturel, broué avec des particules qui lui donnent plus de force et de consistant. Un grès que l’on incruste avec des morceaux de porcelaine ou des carreaux décorés avec des oxydes de cuivre, du cobalt ou bien des pigments… des petits secrets de céramistes », explique Evelyne avec un léger accent espagnol. Voilà trente ans que cette Française née à Crasse habite l’Espagne : « La vie y est plus simple. » lusqu’en 1975, elle travaille chez des céramistes, crée ensuite son propre atelier à Madrid et depuis dix ans, elle vit et travaille avec Carlos, ingénieur-chimiste, natif de Mexico. « Nos créations sont communes, vraiment à quatre mains. Carlos est habile au dessin. Il aime le figuratif. Nous pratiquons l’art de la terre en discutant, en blaguant. Les gens pensent que nous écrivons des poèmes, des symboles, des pensées profondes sur notre terre, mais c’est intentionnel sans l’être, vous comprenez ? C’est le moment qui nous le demande. Actuellement, nous travaillons beaucoup le thème de « l’illumation ».» Comprenez, de l’éclairage. N’allez surtout pas chercher un autre symbole ! Leurs créations sont toutes utilitaires. « Mais ce n’est pas de l’art commercial, précise Mercedes Obadia, les artistes doivent suivre leur inspiration. On ne passe pas de corn mande. On peut rester des mois à la galerie sans halogènes, par exemple. » L’un des plus grands regrets de Mercedes et Nicolas, c’est que les plus belles œuvres partent à l’étranger. Souvent le public français s’interroge sur l’utilité d’une céramique. Ils préfèrent voir un range-CD, un halogène ou une table. Chez ADAMA, tout n’est pas utilitaire, il y a aussi des créations abstraites, mais tout est proche des visiteurs, presque familier. Ici, vous ne verrez jamais de panneau : « Interdit de toucher ». Bien au contraire Mercedes écrirait plutôt:« »Merci de bien vouloir loucher », explique-t-elle. Mais le public hésite, touche à peine, a peur de casser les céramiques. Pourtant l’art de la terre doit se vivre au bout des doigts.

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