Briquet de luxe

Naissance d´une pierre précieuse.
C’est un savant autrichien, Cari Auer von Melbach (1858-1929), qui est le père du briquet moderne. Il observe qu’un alliage de fer et de cérium, métal gris découvert en 1814 par Berzilius, produit des étincelles si on le frotte sur un morceau d’acier. Déposé en 1903 sous le nom de métal Auer, cet alliage est bientôt produit industriellement. La première pierre à briquet est inventée. Elle se généralisera tout au long de ce siècle.
Deux types de briquets naissent alors. Les briquets à friction et les briquets à molettes. Nommés à allumette perpétuelle, les briquets à friction ont un fonctionnement très simple. A l’intérieur, on trouve de la bourre de coton imbibée d’essence et un mince tube de cuivre protégeant une mèche à essence. En tirant le tube et en frottant son extrémité d’acier sur la pierre fixée à l’extérieur du briquet, on l’enflamme comme une allumette. Il suffit de remettre le tube dans sa cavité pour que la flamme s’éteigne. Ces briquets en version de table ou de poche furent proposés jusque dans les années 30. Certains modèles de table, d’origine autrichienne, sont tout à fait spectaculaires. En plomb polychrome, ils représentent les sujets les plus divers, chevaux et cavaliers caracolant, dame de cour… Les briquets à molettes sont également constitués d’un réservoir et d’une mèche. Mais c’est le frottement de la molette d’acier sur la pierre qui, provoquant l’étincelle, enflamme la mèche imbibée, lis ont connu un grand essor dès le début du siècle. Les poilus de la guerre de 14 en fabriquèrent de nombreux exemplaires, à partir des douilles récupérées dans les tranchées. Mais c’est au sortir de la guerre que l’industrie du briquet prend son véritable essor. Devant son succès, les marques de luxe s’en emparent : Dunhill, à Londres, qui s’était déjà penché sur les accessoires de l’automobile, propose au début des années 20 un briquet révolutionnaire. Pour satisfaire les désirs d’un client qui avait perdu une main à la guerre, la célèbre firme met au point un briquet qui s’allume d’un seul geste. D’autres marques s’imposent : Colibri en Angleterre, Ron-son aux USA, qui fait breveter le Banjo Ronson en 1928, Zippo en 1932… Flamidor, en France, connaît dans les années 30 un grand développement qui se poursuit dès l’immédiat après-guerre, lorsque la marque Flaminaire lance le briquet à gaz. C’est encore un produit de petit luxe, mais la société de consommation n’a pas dit son dernier mot. Dans les années 60 apparaissent les premiers briquets jetables, La firme Dupont, jusque-là spécialisée dans le briquet de luxe, lance le Cricket. Les briquets deviennent alors des objets éphémères, tout juste bons parfois à servir de support publicitaire.

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